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À
la charnière entre le XXe et le XXIe siècle, la science n'a
jamais joué un rôle si important dans la société, par toutes
les avancées technologiques dont elle est à la source.
Ces
progrès ont amené des améliorations considérables, et tout
particulièrement dans les sociétés industrialisées, que ce
soit pour la longévité, la santé, la qualité de vie, la communication,
les transports, les loisirs, etc.
Pourtant,
c'est au moment où les thèses positivistes du XIXe siècle
pourraient trouver une éclatante justification que la confiance
dans la science est à son niveau le plus bas, que le progrès
scientifique et technique suscite la crainte de nos concitoyens,
que les jeunes se détournent des carrières scientifiques et
techniques au point que la recherche et l'industrie en viennent
à manquer de ressources humaines. De même que l'école de Jules
Ferry avait apporté une contribution essentielle à l'essor
scientifique et technique depuis la fin du siècle dernier
et sans doute jusqu'aux trente glorieuses, l'enseignement
actuel des sciences, que ce soit dans l'enseignement primaire,
secondaire ou supérieur, porte une part de responsabilité
dans la désaffection et la défiance dont elles souffrent aujourd'hui.
Plus
précisément, l'enseignement actuel des sciences, particulièrement
mais pas uniquement en France, connaît un triple échec : il
ne réussit pas à faire acquérir à chaque citoyen la culture
scientifique de base indispensable à des choix éclairés ;
il réussit mal à apprendre à chaque travailleur à utiliser
les méthodes et les résultats scientifiques dans sa vie professionnelle
; il réussit peu - en tout cas insuffisamment - à former des
chercheurs audacieux, intuitifs et innovants.
On
analysera ces trois échecs du présent à la lumière du passé
et on discutera des lignes de solution à explorer. .
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