30 août : Les coûts de l'éducation, un dilemme équité/efficacité
     
 

 

Conférencier :
François Orivel


Directeur de recherche au CNRS.

Diplômes :
Doctorat d'Etat en économie.

Biographie :
Né en 1943.
- 1996--- : vice-président du Comité Exécutif de la Comparative Education Society in Europe (CESE).
- 1985-1994 : Co-fondateur et Directeur de l'Institut de Recherche sur l'Economie de l'Education, (IREDU), qui est implanté sur le campus de l'Université de Bourgogne à Dijon.

Spécialités :
Ses deux centres d'intérêt principaux collent étroitement à ces deux fonctions, l'économie de l'éducation d'une part, et l'éducation comparée de l'autre. L'économie de l'éducation traite des questions de coûts, de financement, de rentabilité économique et sociale du secteur éducatif, ainsi que de l'efficacité avec laquelle les institutions qui offrent des services d'éducation et de formation réalisent leurs missions. A l'échelle internationale, les systèmes éducatifs étant inégalement coûteux et diversement efficaces, les études comparées permettent d'analyser et de comprendre certaines des causes qui sont à l'origine de ces différences.

Publications :
François Orivel a publié de nombreux ouvrages et articles sur les thèmes de recherche précités, présenté des communications dans une soixantaine de conférences académiques, et a joué un rôle actif dans les organisations internationales chargées de promouvoir l'éducation dans le monde, ainsi que dans les réseaux universitaires traitant des sciences de l'éducation. Parmi les ouvrages qu'il a publiés, on peut citer : MILLOT (B.), ORIVEL (F.), "L'économie de l'enseignement supérieur" (Paris, Cujas, 1979, 430 p.), EICHER (J.C.), HAWKRIDGE (D.), MCANANY (E.), MARIET (F.), ORIVEL (F.), "L'économie des nouveaux moyens d'enseignement " (Tome 3: "Coût et efficacité, synthèse", existe aussi en anglais, Editions Presses de l'UNESCO. 1984 - 176 p.), ORIVEL (F.), "Evolution du financement de l'éducation dans les pays en développement: quelques réflexions de synthèse à partir de dix études de cas" (Paris : IIPE, 1990. 107 p.), CACOUAULT (M.), ORIVEL (F.), ed., "L'évaluation des formations: points de vue comparatistes/Evaluating Education and Training: Comparative Approaches" : Actes du 15ème Congrès de la CESE, Dijon, 27 juin/2 juillet 1992 (2 volumes, Dijon, 1993), à paraître chez Greenwood Press/Praeger en 2000 : "Education in Europe", en collaboration avec E. Sherman Swing et J. Schriewer.

 
 
 
 

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  L' évolution mondiale des dépenses d'éducation n'a pas suivi, comme c'est souvent le cas, les projections des économistes. Après avoir connu une hausse spectaculaire entre 1950 et 1975, on assiste depuis à une relative stagnation. L'éducation n'est ni un secteur bénéficiant d'une quelconque priorité des agents économiques, qu'ils soient publics ou privés, ni un secteur défavorisé. Il évolue tout simplement comme la moyenne des emplois des ressources dans la majorité des économies nationales. Or certains économistes avaient anticipé des hausses spectaculaires, liées à la fois au fait qu'il s'agit d'un secteur à faible croissance de la productivité, et d'un service dont la demande relative ne cesserait de croître (allongement de scolarités initiales, formation tout au long de la vie, avènement d'une société postindustrielle fondée sur la connaissance). Le caractère principalement public du financement de l'éducation s'est un peu partout généralisé, à partir d'arguments divers, dont l'équité fait évidemment partie. Cependant, les premières études empiriques portant sur le phénomène de redistribution engendré par la gratuité des services éducatifs ont plutôt montré que les bénéficiaires effectifs n'étaient pas les individus des groupes sociaux modestes, mais ceux des groupes favorisés. La sélection au mérite les avantage de fait, et les formations longues et coûteuses, mais financées par les contribuables, bénéficient d'abord aux individus socialement aisés. Toutefois l'allongement récent des scolarités pour tous, l'idée qu'une discrimination positive (donner plus aux individus de milieux exclus) n'est pas incompatible avec l'égalitarisme républicain, a réduit sensiblement l'impact régressif du financement public de l'éducation dans les sociétés les plus développées. Mais si le problème de l'équité (ou des écarts d'accès entre groupes sociaux) s'atténue au sein des sociétés riches, on ne peut que s'inquiéter devant l'accroissement continu des inégalités en matière d'éducation entre le groupe des pays les plus avancés et celui des pays les plus pauvres.