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Le
plancher des océans est mobile. De nature basaltique, il est
formé en continu au niveau d'une immense chaîne volcanique
sous-marine, la dorsale océanique mondiale. Cette gigantesque
structure parcourt les océans du globe. Elle totalise plus
de 60 000 km de longueur et culmine en moyenne à -2 500 m
de profondeur. Le fond des océans s'éloigne symétriquement
de cette chaîne à la vitesse moyenne de quelques centimètres
par an, pendant que de nouvelles éruptions volcaniques se
mettent en place à l'axe de la dorsale. A l'autre bout du
"tapis roulant", la vieille croûte océanique refroidie retourne
aux profondeurs du manteau au niveau des grandes fosses océaniques
en s'engageant dans les zones de subduction.
Comme
l'exploration spatiale, l'exploration des grands fonds océaniques
est étroitement tributaire des progrès technologiques. Au
cours des trois dernières décennies, l'avènement des sondeurs
bathymétriques multifaisceaux, des sonars latéraux et des
satellites altimétriques a révolutionné la cartographie des
fonds océaniques. Par ailleurs, l'emploi combiné des techniques
de dragages, des forages océaniques profonds (grâce aux programmes
internationaux Deep Sea Drilling Project, puis Ocean Drilling
Programme), et des submersibles habités, a permis d'échantillonner
et d'étudier "in situ" la géologie des grands fonds. Enfin
les méthodes géophysiques (magnétisme, gravimétrie, tomographie
sismique et électromagnétique) ont révélé la structure profonde
de la croûte et de la lithosphère océaniques.
Rien
ne transparaît, à la surface des océans, de l'intense activité
volcanique qui règne tout au long de la grande dorsale. Chaque
année, à notre insu, des milliers de coulées de lave allument
des traînées incandescentes sur les flancs raides de volcans
sous-marins à " pillow-lavas ", ou forment de vastes lacs
de lave temporaires, à plusieurs kilomètres sous la surface
de la mer. L'eau de mer circule à travers les innombrables
fissures de la jeune croûte océanique et se réchauffe au contact
des réservoirs magmatiques situés sous la dorsale. Chargée
d'hydrogène sulfuré et de métaux, elle alimente en remontant
d'innombrables geysers sous-marins crachant une eau noire
à plus de 300°C. Autour de ces " fumeurs noirs ", des
faunes étranges et grouillantes s'agglutinent, luttant pour
leur survie dans un environnement précaire et hostile. Découvertes
à la fin des années 1970 par des équipes franco-américaines
sur la dorsale Est-Pacifique, ces sources hydrothermales ont
été observées depuis en de nombreux endroits de la dorsale
océanique mondiale, ainsi que dans les bassins arrière-arc
et les arcs insulaires. Déposant des sulfures massifs de fer,
cuivre et zinc, avec parfois des teneurs non négligeables
en or et argent, elles fournissent un superbe modèle métallogénique
actuel, susceptible d'expliquer la genèse de nombreux gisements
métallifères fossiles d'âges extrêmement variés, appelés "
VMS deposits " (Volcanogenic Massive Sulfide deposits).
L'exposé
se termine " à pieds secs " dans les montagnes du sultanat
d'Oman. L'ophiolite d'Oman, fragment de lithosphère océanique
d'âge crétacé supérieur (environ cent millions d'années),
expose à l'affleurement, en plein désert, une croûte océanique
remarquablement complète, avec son système hydrothermal et
ses " fumeurs noirs " fossiles.
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