10 août : La superfluidité
     
 

 

Conférencier :
Sébastien Balibar


Directeur de Recherches de 1ère Classe au CNRS. Membre du Laboratoire de Physique Statistique de l'Ecole Normale Supérieure (Paris)

Diplômes :
Ancien élève de l'École Polytechnique, Thèse de troisième cycle, Thèse de Doctorat.

Biographie :
Né le 14 octobre 1947 à Tours
- 1999-2000 : Loeb Lecturer, Harvard University (USA).
- 1999 : Senior Fellow de la Japan Society for the Promotion of Science et Professeur invité Kyoto University.
- 1999: Professeur Invité Konstanz Universität (Allemagne)
- 1995-1999 : Directeur du Laboratoire de Physique Statistique de l'Ecole Normale Supérieure à Paris (UMR 8550 CNRS)
- 1992 : Directeur de Recherches de
1° Classe CNRS (ENS, Paris).
- 1989-90: Chercheur invité, The Ohio State University (USA)
- 1985 : Directeur de Recherches de
2° Classe CNRS (ENS, Paris).
- 1983 : Maître de Recherches CNRS (ENS, Paris).
- 1978 : Chargé de Recherches CNRS (ENS, Paris), fonde l'équipe de recherche "Hélium".
- 1977: Séjour post-doctoral en Angleterre (Nottingham puis Exeter).
- 1971 : Attaché de Recherches CNRS (ENS, Paris).
- 1970 : Stagiaire de Recherches CNRS (ENS, Paris).

Spécialités :
Ses thèmes de recherche ont évolué de la physique des métaux à celle de la superfluidité, puis des surfaces liquides aux surfaces cristallines, des phénomènes critiques à la croissance cristalline, de la thermodynamique hors d'équilibre aux transitions de phases, avec des incursions dans les problèmes d'instabilités, de mouillage, d'élasticité, d'acoustique non-linéaire, de nucléation, etc.

Associations :
Membre de la Société Française de Physique et du comité éditorial du Journal of Low Temperature Physics.

Prix :
- Grand Prix du Bicentenaire de l'Ecole Polytechnique (Prix Dargelos) en 1994. - Avec E.Rolley "Photographic Award" de la conférence ICCG9 (Sendai, Japon) en 1989.
- Prix Paul Langevin de l'Académie des Sciences (Paris) en 1988.
- Prix Brelot de la Société Française de Physique en 1978.

Publications :
Sébastien Balibar est l'auteur de 142 publications scientifiques parmi lesquelles figurent 41 articles originaux dans des revues scientifiques avec comité de lecture, 36 publications dans des actes de colloques, 59 articles d'information scientifique (revues de sociétés savantes, revues de vulgarisation, dictionnaires, encyclopédies, etc.). Il a été invité à prononcer 48 communications dans des conférences internationales, 55 séminaires et 3 séries de cours dans 14 pays étrangers différents.

 
 
 

Pour écouter les conférences, vous devez posséder le plug-in Real Player, que vous trouverez ici.

 

 

Peut-on voir au moins une propriété quantique de la matière à l'œil nu ? Oui, il suffit de regarder de l'hélium liquide à suffisamment basse température. Grâce à quelques séquences vidéo, je montrerai donc un liquide qui cesse de bouillir, jaillit en fontaine lorsqu'on le chauffe, s'écoule sans viscosité hors des récipients où l'on tente de l'enfermer (d'où son nom de " superfluide ")...

J'expliquerai ensuite comment ces propriétés surprenantes ont été associées au comportement collectif quantique des atomes, un phénomène connu sous le nom de " Condensation de Bose-Einstein ". Les différents états de la matière correspondent à différents degrés d'ordre ou de désordre. Lorsqu'un liquide cristallise, par exemple, c'est la position des atomes dans l'espace qui s'ordonne. Lorsqu'un fluide devient superfluide c'est leurs mouvements qui deviennent collectifs. De même qu'un superfluide coule sans viscosité, un supraconducteur conduit l'électricité sans résistance. La superfluidité est semblable à la supraconductivité des métaux. Connue depuis 1937 dans l'hélium, la superfluidité a été découverte en 1999 dans différentes vapeurs alcalines (Sodium, Rubidium...). Nous verrons que la rotation d'un superfluide est très particulière, parce que quantifiée. Dans l'hélium comme dans le rubidium, nous montrerons des images de tourbillons quantiques où la vitesse du fluide est reliée à la constante de Planck. Pour conclure, nous décrirons comment la superfluidité peut servir à mesurer la rotation de la terre, et pourquoi l'on pense que l'intérieur des étoiles à neutrons est superfluide.