09 août : Les cristaux et les quasi-cristaux
     
 

Conférencier :
Denis Gratias


Directeur de Recherche au CNRS, Professeur chargé de cours à l'École Polytechnique et à l'École Nationale Supérieure de Chimie de Paris. 

Diplômes :
Ingénieur ENSCP, Doctorat d'État en Sciences Physiques.

Biographie :
Né en 1947.
-
1984 : Séjour longue durée à l'Institut de Physique Théorique de l'Université de Santa Barbara (USA).
- 1981 : Chercheur à Berkeley (USA).

Spécialités :
Etude géométrique des interfaces engendrées par transition de phase dans les cristaux homogènes ; aspects thermodynamiques de ces transitions ; se consacre actuellement à l'étude structurale des quasi cristaux dans le cadre de la cristallographie n-dimensionnelle.

Associations :
Membre Correspondant de l'Académie des Sciences (section Physique).

Prix :
- Prix IBM Science des Matériaux ;
- Prix Anuita Winter-Klein (Acad Sci.),
- Prix J. Ricard SFP, Médaille d'Argent CNRS.

Publications :
Une centaine de publications.

 
 
 

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Un "cristal" est un solide dont les atomes se répartissent de facon triplement périodique dans l'espace.

A cette définition, datant du début du siècle, l'Union Internationale de Cristallographie (IUCr) a ajouté en 1991, celle de "cristal apériodique", solide sans périodicite tri-dimensionnelle mais présentant un spectre de diffraction éssentiellement discret. Ce sont les phases incommensurables, dont le premier exemple fut découvert en 1936 par Jonhson et Linde, et les quasicristaux découverts en 1982 par Dany Scechtman. Ces nouveaux venus ont bouleversé le paysage de la cristallographie conduisant à la quasicristallographie, ou cristallographie à N dimensions, où N est un entier supérieur à 3. La cristallographie s'appuie sur la notion de symétrie c'est-à-dire d'invariance. Celle-ci se rencontre en physique dans de multiples contextes.

De la simple invariance geometrique de superposition d'un objet sur lui-même àla définition des grandeurs premières d'un systeme mécanique ou celle de la forme d'une équation d'état, la symétrie est la traduction rationnelle des redondances de la nature qui en permet une description minimale, nécessaire nulle part mais utile partout.

La cristallographie utilise l'expression la plus élementaire de la symétrie, celle immédiatement visuelle de la géometrie dont les éléments sont les isométries de l'espace euclidien, l'inversion, la rotation, la réflexion dans un miroir, auxquelles s'ajoute, un cristal idéal etant supposé infini,
la translation dans l'espace. Deplacer le cristal d'un nombre entier de fois l'une quelconque de ses périodes revient àle superposer exactement ; c'est une opération d'invariance.