20 août : La chimie quantique
     
 

Conférencier :
Jean-Paul Malrieu


Directeur de recherches (DRCE) au CNRS.

Diplômes :
Ancien élève de l'École Normale Supérieure de la rue d'Ulm, thèse de 3ème cycle sous la direction d'Alberte et Bernard Pullman.

Biographie :
Né en 1939.
- 1974 : Intègre l'équipe de Physique Quantique de Ph. Durand à Toulouse, et bientôt directeur de ce laboratoire.

Spécialités :
Questions méthodologiques en chimie quantique : développement de méthodes nouvelles de résolution approchée de l'équation de Schrödinger qui gouverne les populations électroniques ; états excités ; élaboration de méthodes et codes de calcul ; problème à N-corps quantique ; étude des matériaux présentant des propriétés électroniques non triviales, où les électrons ne vont plus par paires ; l'interface entre la chimie quantique et la physique solide.

Associations :
Membre de l'Académie Internationale des Sciences Moléculaires Quantiques.

Publications :
Auteur de 300 articles dans des revues internationales spécialisées, Jean-Paul Malrieu est co-éditeur d'un livre sur la Localisation et la Délocalisation dans les molécules et les solides en 1973 ; il a écrit de nombreux chapitres dans des ouvrages collectifs ; il est l'auteur d'un essai non scientifique, en 2 volumes, critique des différentes variantes de l'Economisme dans les théories sociales, paru en Italie sous le titre de " In None de la Necessita ", en 1974 ; enfin, de quelques articles relevant de la critique sociale de la pratique scientifique dans un livre de Lévy-Leblond, le Magazine Littéraire, la revue Alliage.

 
 
 

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En évoquant d'abord les différentes périodes qui ont marqué le développement de cette discipline théorique, située à la charnière de la Physique et de la Chimie, on essayera de faire comprendre quels sont ses objets, et la spécificité de sa pratique.
On montrera comment elle est sollicitée par trois fonctions assez largement contradictoires,
- la production de concepts et de modèles qualitatifs qui aident le chimiste à se représenter ce qui gouverne les populations électroniques, et en ce sens elle se veut comme une anthropologie ou une sociologie de ces populations,
- la production d'informations quantitatives sur des édifices moléculaires donnés, à destination de l'expérimentateur qui les manipule, et elle joue alors le rôle d'une sorte de " spectromètre théorique ",
- le souci de rigueur, d'être au plus près de la solution exacte, voire de contribuer aux résolutions les plus habiles et les plus fondées de problèmes universaux de la théorie quantique.

De fait, la Chimie Quantique a fourni à la fois des concepts cruciaux pour l'intelligibilité de phénomènes à l'échelle moléculaire, aidant même parfois les chimistes dans leur invention d'édifices nouveaux, et des outils de prédiction quantitative fiables des énergies et des structures de ces édifices. On essayera de montrer les défis qu'elle affronte aujourd'hui dans sa recherche de puissance (l'efficience simulatrice tuera-t-elle la théorie ?), sa synergie possible avec la Physique dans l'étude des matériaux, sa participation au design d'architectures moléculaires à propriétés électroniques remarquables, le développement des aspects temporels.

On ne se privera pas, chemin faisant, de formuler quelques remarques d'ordres épistémologique, esthétique et sociologique.