08 juillet : Les planètes et leur exploration
     
 

Conférencier :
Philippe Masson


Professeur de géologie planétaire et de planètologie à l'Université de Paris-Sud Orsay. Il dirige l'équipe de planètologie de l'unité mixte de recherches du CNRS et préside le Département des sciences de la Terre du centre scientifique d'Orsay.

Diplômes :
Docteur es-sciences.

Biographie :
Investigateur principal des programmes de géologie planétaire de la NASA et participe à plusieurs projets spatiaux européens et japonais.

Spécialités :
Etudiologie de la Lune et des planètes Mars et Vénus.

Associations :
Membre du Comité Européen de Sciences Spatiales.

Prix :
- Prix Louis Barabet de la Société Géologique de France (1993). - Distinction de l'Institut de l'Aéronautique et d'Astrophysique (1992).

Publications :
Philippe Masson participe à de nombreuses publications dans son domaine.

 
 
 

Pour écouter les conférences, vous devez posséder le plug-in Real Player, que vous trouverez ici.

 

 

La Lune n'est pas une planète, mais son exploration a été le point de départ de celle des autres corps du système solaire, et en particulier des planètes. En septembre 1968, la sonde soviétique Zond 5 contournait la Lune pour la première fois de l'histoire spatiale. A partir de cette date, Russes et Américains allaient se livrer à une course effrénée pour arriver les premiers sur notre satellite naturel.
Le 20 juillet 1969, le module lunaire Eagle de la mission américaine Apollo 11 se posait dans la Mer de la Tranquillité, et l'astronaute Neil Armstrong était le premier homme à fouler la surface de la Lune.

A l'origine, la course à la Lune était un défi politique entre les deux superpuissances, puis elle devint assez rapidement une compétition scientifique et technologique qui donna une formidable impulsion aux programmes spatiaux. Forts de leurs succès lunaires, Russes et Américains allaient entreprendre pendant une vingtaine d'années une exploration systématique du système solaire. Les Russes allaient concentrer leurs efforts sur Vénus et Mars. La sonde Venera 9 (URSS) se posa sur Vénus en octobre 1975 réalisant ainsi une grande première. De leur coté, les américains enregistraient un certain nombre de succès avec le premier survol de Jupiter en 1973 (Pioneer 10), celui de Mercure en 1974 (Mariner 10), l'atterrissage de deux sondes automatiques à la surface de Mars en 1976 (Viking Lander 1 et 2), et le périple des deux sondes Voyager dans le système solaire externe de Jupiter (1979) à Neptune (1989). Mais cette période fut aussi marquée par un certain nombre d'échecs, notamment à l'occasion de plusieurs tentatives d'atterrissage de sondes russes à la surface de Mars.

Les échecs des missions Mars-Phobos (1988) et Mars 96 allaient sonner le glas du programme spatial russe. Du coté américain, le programme spatial avait marqué une pose à la suite de la catastrophe de la navette Challenger (1986). Depuis les années 90, la NASA a entrepris un programme ambitieux pour l'exploration de Mars, qui risque malheureusement de subir quelque retard à la suite de l'échec récent des missions Mars Climate Orbiter et Mars Polar Lander. Mais ces échecs ne doivent pas pour autant occulter le succès des missions Mars Global Surveyor et Galileo (Jupiter) qui se déroulent actuellement.

Les européens ne sont pas en reste. Ainsi, l'Agence Spatiale Européenne (ESA), qui participe à la mission Cassini-Huygens
(ESA-NASA) d'exploration de Saturne et de son satellite Titan, prépare activement la mission Mars Express (2003). De son coté, le Centre National d'Etudes Spatiales (CNES) français, qui a longtemps contribué au programme spatial soviétique, se prépare à collaborer étroitement avec la NASA pour l'exploration de Mars, dans la perspective d'un ambitieux programme de retour d'échantillons au cours de cette décennie. Ainsi, l'exploration planétaire, qui fut longtemps l'apanage des USA et de la Russie, est devenue une aventure internationale à laquelle les européens et les japonais participent activement.