01 janvier : La Vie
     
 

 

Conférencier :
François Jacob

 

Diplômes :
Docteur en médecine en 1947. Doctorat ès-sciences en 1954.

Biographie :

Né en juin 1920 à Nancy. Après ses classes au Lycée Carnot à Paris, il commence des études de médecine à la Faculté de Paris dans le but de devenir chirurgien. Ses études sont interrompues par la guerre. En juin 1940, alors qu'il est en seconde année de médecine, il quitte la France et s'engage à Londres dans les Forces Françaises Libres. Envoyé en Afrique, il est alors médecin de bataillon et fait les campagnes du Fezzan, Libye, Tripolitaine et Tunisie où il est blessé. Affecté à la deuxième Division Blindée, il est grièvement blessé en Normandie en août 1944. Il est Compagnon de la Libération et Grand-Croix de la Légion d'Honneur. Après la guerre, François Jacob termine ses études de médecine et soutient une thèse de doctorat en médecine à Paris en 1947. Ne pouvant faire de chirurgie à cause de ses blessures, il s'essaie à différents métiers avant de se tourner vers la biologie. Il obtient une licence ès-sciences en 1951, puis un doctorat ès-sciences en 1954 à la Sorbonne. - 1950 : Il entre à l'Institut Pasteur dans le Service du Docteur André Lwoff. - 1956 : Il est nommé chef de laboratoire à l'Institut Pasteur.1982 - 1988 : Il est élu Président du Conseil d'administration de l'Institut Pasteur. - 1960 : Il est nommé chef du Service de Génétique Cellulaire récemment créé à l'Institut Pasteur. - 1964 : Il est nommé Professeur de Génétique cellulaire au Collège de France.

Statut actuel : François Jacob est Professeur honoraire au Collège de France et à l'Institut Pasteur.

Spécialités : Ses domaines d'étude sont les suivants : les mécanismes génétiques existant chez les bactéries et les bactériophages; l'analyse de la conjugaison bactérienne; l'analyse du mode d'action des gènes et de leur régulation; les notions d'ARN messager, de répresseur, d'opéron, de réplicon, d'allostérie, d'épisome. Et, plus particulièrement ces dernières années: le tératocarcinome de la souris comme modèle permettant d'étudier le développement embryonnaire chez la souris.

Associations : Membre de l'Académie des sciences et de l'Académie française, et de nombreuses académies étrangères (Danemark, Etats-Unis, Grande-Bretagne, Belgique, Hongrie, Espagne)  ; il est Docteur honoris causa de plusieurs Universités.

Prix :
- Prix Nobel de Physiologie ou Médecine (conjointement avec André Lwoff et Jacques Monod) en 1965.
- Prix Charles Léopold Mayer de l'Académie des Sciences (1962).

Publications : 345 articles scientifiques, ainsi que deux ouvrages : Les bactéries Lysogènes et la notion de provirus (Masson, 1954), et, avec Elie Wollman, Sexuality and the genetics of bacteria (Academic Press, 1961). En outre, deux ouvrages plus généraux - et plus connus du grand public - : La Logique du vivant, une histoire de l'hérédité (Gallimard, 1970), et Le jeu des possibles, essai sur la diversité du vivant (Fayard, 1981), ainsi qu'une autobiographie: La statue intérieure (Odile Jacob, 1987). Son dernier ouvrage est : La souris, la mouche et l'homme (Odile Jacob, 1997).

 
 
 
 


Pour écouter cette extrait audio, il vous faut le lecteur Real Player que vous trouverez ici.

 

  Longtemps savants et philosophes ont cherché à élucider la nature de la vie. L'idée de vie suggérait l'existence de quelque substance ou de quelque force spéciale. On pensait que la "matière vivante", comme on disait alors, différait de la matière ordinaire par une substance ou une force qui donnait des propriétés particulières. Et pendant des siècles, on a cherché à découvrir cette substance ou cette force vitale. En réalité la vie est un processus, une organisation de la matière. Elle n'existe pas en tant qu'entité indépendante qu'on pourrait caractériser. On peut donc faire l 'étude du processus ou de l'organisation, mais pas de l'idée abstraite de vie. On peut tenter de décrire, on peut tenter de définir ce qu'est un organisme vivant et non-vivant. Mais il n'y a pas de "matière vivante". Il y a de la matière qui compose les êtres vivants et cette matière n'a pas de propriété particulière que n'aurait pas ce qui compose les corps inertes.