23 juillet : Modélisation des changements climatiques futurs : certitudes et incertitudes
     
 

 

Conférencier :
Hervé Le Treut


Directeur de Recherches au Laboratoire de Météorologie Dynamique (CNRS/École Normale Supérieure/ École Polytechnique/Université Paris 6) Professeur chargé de cours à l'École Polytechnique. Adjoint au directeur du LMD et responsable d'une équipe de modélisation du climat. Partage aussi la coordination d'un groupe de modélisation attaché à une fédération de laboratoire : le Pôle de Modélisation de l'IPSL (Institut Pierre Simon Laplace).

Diplômes :
Ancien élève de l'ENS, études en Physique, puis thèse d'État au Laboratoire de Météorologie Dynamique.

Biographie :
Né le 18 juin 1956, à Toulon (83).
Après une thèse financée par le CNES, je suis rentre au CNRS en 1984. Séjours courts mais répétés à l'étranger (aux USA, au Centre Européen de Prévision Météorologique à Moyen Terme a Reading (GB).

Spécialités :
Modélisation du climat, rôle des perturbations radiative du climat, rôle des nuages, rôle des interactions entre océan et atmosphère.

Associations :
Academia Europaea

Prix :
- 1994 : Prix Becquerel.
- 1992 : Prix Philip Morris.
- 1990 : Médaille de Bronze du CNRS.

Publications :
Hervé Le Treut est l'auteur de très nombreux articles dans des revues internationales à comité de lecture, et il a édité (ou participé aux) les ouvrages suivants : Climate sensitivity : physical processes and their validation (Springer, 1994, consécutif à l'organisation d'un workshop OTAN à Paris), et Océans et Atmosphères (Hachette, auteurs: Chapel, Fieux, Jacques, Jacques, Laval, Legrand et Le Treut).

 
 
 

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Les modèles climatiques qui servent à l'évaluation des conséquences de la croissance de l'effet de serre sont des outils numériques lourds qui reconstruisent le climat de la planète sur la base des équations fondamentales de la physique. Au cours des années récentes, le progrès des capacités de calcul a permis d'utiliser ces modèles à l'étude des fluctuations lentes (inter-annuelles, décennales, séculaires) de notre environnement global, fluctuations qui mettent en jeu à la fois la dynamique de l'océan et de l'atmosphère. Ces modèles ont obtenu de grands succès et se montrent capables de simuler au moins qualitativement la plupart des régimes naturels de fluctuation du climat.

Lorsqu'il sont appliqués à l'évaluation des changements climatiques futurs les modèles existant présentent un accord fort sur certains points : dans tous les cas la réponse aux gaz à effet de serre se traduit par un réchauffement net, plus marqué aux Pôles ; dans tous les cas la réponse du cycle hydrologique montre une tendance à l'amplification des régimes existants (plus de pluie dans les régions pluvieuses, plus de risques de sécheresse dans les régions subtropicales).

Il existe cependant une divergence quantitative entre les modèles, en particulier lorsque l'on cherche à régionaliser les résultats. Ceci tient à plusieurs facteur : la jeunesse des modèles, qui peuvent encore être améliorés est certainement un facteur important ; de manière plus fondamentale le rôle important joué par des processus de petite échelle, difficiles à comprendre et à représenter, tels que les nuages, la végétation, l'hydrologie des sols, l'orographie, limite la prévisibilité du système climatique.

Par ailleurs l'interaction non-linéaire entre des éléments de plus en plus nombreux (circulations atmosphériques et océaniques, rôle des aérosols et de la chimie atmosphérique, biochimie et contrôle des puits de carbone océaniques ou continentaux) fait aussi qu'il est de plus en plus difficile de parler de prévision climatique, mais plutôt d'appréciation du risque ou des risques climatiques.

Les perspectives permettant de " régionaliser " ces études de risque sont très réelles mais de nature nécessairement statistique.