27 août : Les matériaux moléculaires
     
 

 

Conférencier :
Michel Verdaguer


Professeur de classe exceptionnelle à l'université Pierre et Marie Curie à Paris ;
Directeur du laboratoire de chimie inorganique et matériaux moléculaires, unité 7071 associée au C.N.R.S ;
Responsable du DEA de Chimie Inorganique, de la molécule au matériau, Paris ;
Coordinateur du programme "Molecular Magnets" de la Fondation Européenne de la Science. 

Diplômes :
Ancien élève de l'École Normale Supérieure de l'Enseignement Technique à Cachan (1961-1965), Agrégé de sciences physiques (Chimie) et Docteur d'État ès Sciences physiques (Chimie).

Biographie :
Né le 16 janvier 1942 à Bédarieux, Hérault.
- 1997-2000 : Directeur du Laboratoire de Chimie inorganique et matériaux moléculaires (Unité CNRS 7071) à Paris.
- 1996-1997 : Professeur invité Iberdrola de l'Université de Barcelona.
- 1995 : Professeur invité de l'Université de Valencia.
- 1994-1996 : Directeur du laboratoire de chimie des métaux de transition (Unité CNRS 419) à Paris.
- 1988-1996 : Professeur à l'Université Pierre et Marie Curie, Laboratoire de chimie des métaux de transition (Unité CNRS 419) à Paris.
- 1987-1993 : Chercheur associé au LURE, Centre français de rayonnement synchrotron à Orsay.
- 1987-1988 : Chargé de recherches au CNRS dans l'unité CNRS 420 à Orsay. - 1977-1989 : Laboratoire de Spectrochimie des éléments de Transition à Orsay.
- 1966-1977 : Laboratoire des pigments végétaux et substances modèles à l'ENS de Saint-Cloud.
- 1966-1987 : Assistant, Maître-assistant et maître de conférences à l'École Normale Supérieure de Saint-Cloud.
- 1965-1966 : Professeur du Second degré au lycée technique d'État de Creil.

Spécialités :
Chimie, chimie inorganique moléculaire ; magnétisme moléculaire ; spectroscopie d'absorption des rayons X et utilisation du rayonnement synchrotron en chimie inorganique.

Associations :
Membre de la Société Française de chimie, de l'American Chemical Society, de l'Union des Physiciens.

Prix :
- Prix Paul Pascal de l'Académie des Sciences pour son travail dans le domaine des matériaux magnétiques moléculaires (1997).
- Prix de la division de chimie de coordination de la Société Française de Chimie avec Alain Gleizes (1984).

Publications :
Il a publié 150 articles dans des revues scientifiques et un ouvrage d'expériences commentées de chimie, "L'oxydo-réduction, Concepts et Expériences", avec Jean Sarrazin (Ellipses, Paris, 1991).

 
 
 

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L' histoire de l'humanité est scandée par la nature des matériaux que l'homme est capable d'élaborer et d'utiliser pour répondre à ses besoins (âge de la pierre, du bronze, du fer…). Sommes nous aujourd'hui à l'âge du silicium, du nylon ou des matériaux complexes (biologiques ou industriels) ? Notre époque est marquée par une explosion de la création de nouveaux matériaux, de plus en plus conçus pour répondre à un besoin et à un cahier des charges très précis. Dans ce contexte, les matériaux réalisés à partir de molécules (matériaux moléculaires) peuvent faire valoir de nombreux avantages : ils sont le plus souvent de faible densité, transparents ou colorés à la demande, solubles, biocompatibles, faciles à mettre en forme, etc. La flexibilité de la chimie moléculaire (chimie du carbone, chimie des éléments de transition, chimies macromoléculaire et supramoléculaire…) permet de produire pratiquement " à la carte " de nouvelles molécules et de nouveaux édifices (macro-, supra-) moléculaires en variant de manière de plus en plus subtile structures, structures électroniques et propriétés. Les synthèses sont guidées par les besoins en nouveaux matériaux de structure (en mécanique) ou en matériaux fonctionnels (en optique, électricité, électronique, magnétisme…).

Notre vie quotidienne est ainsi entourée de matériaux moléculaires familiers qu'ils soient d'origine naturelle (eau, fibres naturelles, matériaux biologiques…) ou industrielle, créations de l'homme (matières plastiques, pigments et colorants, dispositifs d'affichage, capteurs…). L'exposé les identifie, illustre et commente quelques unes de leurs propriétés et leurs multiples domaines d'application.

Dans le même temps, une recherche très pluridisciplinaire (chimie, physique, biologie, ingénierie…) se poursuit pour obtenir des matériaux présentant des propriétés inédites, voire des propriétés multiples (matériaux polyfonctionnels) au niveau macroscopique (grands ensembles de molécules) ou au niveau d'une seule molécule (électronique moléculaire, machines moléculaires…). Quelques aspects de ces recherches sont présentés, en mettant en évidence les principes fondamentaux (liaison, symétrie, auto-organisation, relations structure-propriétés physiques et de réactivité…) sur lesquels repose la synthèse des molécules et des édifices moléculaires présentant des propriétés données (optiques, électriques, magnétiques…), les techniques récentes qui permettent un progrès plus rapide en matière de matériaux moléculaires, les contraintes qui s'exercent sur la production de ces matériaux (coût, dimension, poids, recyclage…) et les perspectives qui s'ouvrent dans un domaine où la riche complexité des matériaux biologiques constitue une matière première et un exemple, une source de réflexion et un espoir permanents.