Trois jours d'immersion dans l'astronomie à Explor'Espace



Cette manifestation organisée par l'AFA, la revue « Ciel et Espace » l'Office de Tourisme de Mandelieu-La Napoule avec le soutien du Conseil Général des Alpes Maritimes, le Conseil régional de Provence Alpes Côte d'Azur, du Royal Casino Barrière de Mandelieu, le parrainage de l'Observatoire de la Côte d'Azur, la participation des associations d'astronomie de la région, a pour but de faire un état des connaissances actuelles et, de présenter les recherches en cours en astronomie et cosmologie. Tout cela avec, cette année, un clin d'oeil à Jules Verne.

Arrivée à Mandelieu La Napoule le 11 novembre 2005 sous un soleil radieux, mais le temps s'est ensuite détérioré.









Avant d'atteindre l'amphi des conférences ou la salle des exposés techniques, on se promène dans une exposition permanente consacrée à la Terre, l'histoire de la découverte martienne, des images de l'univers, et les réalisations d'Alcatel Alenia Space, remarquablement mises en valeur par de petites maquettes
















Des animations pour les jeunes, un atelier de physique amusante (fusées à eau , reconstitution d'une constellation etc...), un planétarium, des stands de professionnels (Lecleire, Uranie, Medas, Optic et Vision etc... jalonnent le trajet















La programmation des interventions théoriques et techniques ne permettait pas d 'assister à toutes les conférences et ateliers, ce qui a été vraiment dommage, compte-tenu de l'excellente qualité de tous ceux-ci.

Il a donc fallu choisir et, choisir, c'est éléminer...

Patrick Michel a ouvert le feu (normal, le thème de son intervention était « Depp impact, crash sur une comète ») en traitant des petits objets célestes.







L'intérêt qu'il porte aux comètes, astéroïdes et planétisimaux de toutes natures, tient à la fois à la composition de leurs noyaux qui contient l' « ADN de notre système solaire » et au danger potentiel qu'ils présentent, dans certains cas, pour notre planète (un croiseur d'un kilomètre de diamètre constitue le seuil de catastrophe totale pour la Terre. Si le risque est faible, il est à haute conséquence).

L'examen de leur surface a réservé de grandes surprises aux scientifiques et déjoué les modélisations qui en avaient été faites. Mathilda, par exemple, a une densité sensiblement égale à celle de l'eau, une porosité importante (elle amortirait l'onde de choc d'un impact qui aurait probablement pour effet de la compacter d'avantage) tout en ayant cinq cratères de plus de 5kms à sa surface. Comment ceux-ci ont-ils pu se former sur ce sol ?

Autant de constatations qui déconcertent et stimulent à la fois Patrick Michel

La comète Tempel 1 a, elle aussi surpris. Son approche a nécessité trois ajustements de tir, l'impact a été suivi d'une émission lumineuse tellement puissante qu'il a été impossible de voir la taille du cratère formé, le volume des éjectas a été bien plus important que prévu.

La mission japonaise qui s'est approché de la comète Itokawa (500m de diamètre) envisage d'y lancer un petit projectile et de récupérer des ejectas. Cet objet de forme patatoïde tourne sur lui-même en 12 heures, il a une densité sensiblement égale à deux fois celle de l'eau, il n'a aucun cratère, mais à l'étonnement des scientifiques, il est recouvert de débris qui, compte-tenu de son faible pouvoir d'attraction, ne devraient plus se trouver ici. A suivre ...

Après avoir retracé les grandes étapes de la formation de notre système solaire, Didier Queloz (découvreur de la première exoplanète, avec Michel Mayor) a montré que l'approche comparative était insuffisante à expliquer les autres systèmes planétaires. Actuellement, deux méthodes de recherche des exoplanètes sont utilisées, la spectrométrie (le spectromètre HARPS installé sur le télescope de 3,60m de La Silla) et la détection par transit où la présence d'une planète se révèle par la baisse de luminosité qu'elle provoque par son passage devant son étoile.









Dans un avenir relativement proche, la mission française COROT a pour objectif de placer un en orbite autour de la Terre un télescope-satellite équipé d'une caméra grand champs. Puis les mission, GAIA pour l'ESA et SIM pour la NASA devraient être capables de détecter des planètes de la taille de la Terre, a plus long terme encore la mission DARWIN devrait permettre de mettre en orbite une flotte de 6 telescopes travaillant en interférométrie.

Didier Queloz prédit que dans les 10 ans, environ 1000 planètes de la taille de la Terre auront été découvertes. Il avoue que sa motivation personnelle est la recherche de la vie.

La vie, les conditions nécessaires à son emergence, à son développement, les formes qu'elle peut adopter, son adaptabilité, ont été au centre des développements des différents intervenants.

Nous avons rencontré Catherine qui, elle aussi a fait le voyage pour cette manifestation





François Forget a planté le décor d'un séjour sur Mars. Sous un ciel toujours orange, une atmosphère chargée en CO2, une pression tellement basse qu'elle ferait boullir le sang de l'astronaute qui oserait s'y aventurer sans protection, les mini tornades se déchaînent recouvrant parfois l'intégralité de la planète d'une fine pellicule de poussière. Le climat est fait de forts contrastes. Le givre du petit matin rappelle qu'il y a de l'eau sur Mars, en abondance au pôle nord sous forme de glace probablement dans le sous-sol. Cette eau aurait été présente en abondance sur Mars, autrefois.









Eric Fossat (Concordia) a certainement réussi à convaincre son auditoire que le meilleur site d'observation est l'Antarctique. En effet, quel astronome professionnel ou amateur ne souhaiterait trouver un endroit où l'air est à la fois pur, sec, le climat stable, un lieu où il y a très peu d'activité sismique, pas d'effet de serre, où l'atmosphère est transparente, les nuits sombres et constellées d'étoiles qui ne scintillent pas. Mais voilà, c'est l'astronomie de l'extrème.




















Dans ce lieu magique, d'une rare beauté, une construction en bois bâtie sur la neige (de 3300 m d'épaisseur) recevra les appareils d'obervations qui, à l'abri de toute turbulence vont tenter de visualiser les exoplanètes, faire de la coronographie stellaire et solaire, travailler en IR à grand champs etc...

Le même soir, l'inauguration de cette série de conférences a été assurée par André Brahic. Ce professeur d'astrophysique qui est, par définition, un théoricien a réussi la gageure de nous emmener loin dans l'espace, dans le monde merveilleux de Saturne, ses anneaux et son satellite Titan, tout en nous invitant à réfléchir sur notre condition d'hommes et notre relation avec l'Univers. Ses développements sur la mission Cassini-Huygens, ont été l'occasion de nous faire partager son émerveillement devant la nature, ses mystères et l'importance qu'il attache à l'observation.




















Vendredi, on avait fait l'impasse des ateliers, il a fallu jongler pour en suivre quelques-uns, le samedi et le dimanche



avec quelques pauses thé.



Nous savons maintenant que nous sommes de la poussière d'étoiles. Oui, mais, comme l'a expliqué Pierre Cruzalèbes, il y a poussière et poussière.La poussière de la maison avec son cortège d'acariens (qui font de belles photos au microscope) est constituée de fibres organiques et de pollen, tandis que la poussière des étoiles est faite de petits grains inorganiques qui s'agglutinent jusqu'à former des planétisimaux, des nébuleuses qui parfois masquent les étoiles en arrère-plan. Cette poussière se recouvre parfois de glace ce qui la rend brillante, ce qui est le cas des anneaux qui entourent les planètes gazeuses.











La poussière a d'ailleurs souvent était présente dans les conférences qu'il s'agisse de la Lune, de la traîne des étoiles filantes, des comètes ou de Mars, où elle a tendance à recouvrir complètement les capteurs solaires.

Ciel & Espace a eu l'excellente idée de demander aux intervenants des ateliers de l'autoriser à publier sur le net leurs notes, voici donc l'adresse où celles-ci sont consultables.

http://www.cieletespace.fr/ExplorEspace/minutes_techniques.aspx



Jacques Juillet a détaillé et expliqué le rôle des différents modules intégrés dans les deux satellites Herschel et Planck. Malgré la grande technicité du sujet traité, on ne pouvait qu'être admiratif devant tant d'ingéniosité. L'orateur a toujours raccroché les descriptions des satellites aux résultats concrets attendus.







On s'est posé sur Titan. Mais, comme nous l'a montré Jean-Pierre Lebreton , le chemin a été long entre la proposition (1980), les années d'études du projet (1987), sa réalisation (1991 à 1997) et le voyage par lui-même (fronde gravitationnelle). Le matériel a donc été activé sept après sa « mise en boîte ».

Il y avait des incertitudes, notamment pour le freinage, lors de la traversée de l'atmosphère de Titan dont on ne connaissait pas la densité. On avait omis d'activer un des canaux, on a donc exploité les informations radio émises par Huygens, dont le signal n'était pas plus fort qu'un signal de téléphone portable. Il a donc fallu mobiliser les antennes radio du monde entier. La sonde a tourné à la bonne vitesse, mais à l'envers (on ne sait toujours pas pourquoi) et, elle a continué de fonctionner 72 minutes à la surface de Titan.

En première, nous avons pu assister à une modélisation de la descente de la sonde, à partir des images déjà recueillies.











Certains des observateurs ont cru déceler des mouvements à la surface de Titan, le conférencier est formel il n'y a pas de vie sur Titan, le méthane n'est pas d'origine biologique. Le cahier des charges n'a imposé aucune stérilisation. Titan nous apparaît sous la couleur orange, dans toutes ses nuances.

Pierre Thomas nous a tenu en haleine en nous faisant suivre pas à pas le cheminement des deux robots martiens américains, les déceptions des géologues lorsque ceux-ci ont réalisé que le site d'arrivée n'apporterait pas les informations attendues, les contraintes imposées aux robots pour les conduire sur des terrains plus riches de renseignements intéressants. Les indices, les recoupements, les études comparatives avec la geologie terrienne, ont été présentés à la manière d'une énigme policière, avec ses rebondissements (sans jeux de mots faciles !) ses fausses pistes, ses déductions.





















Philippe de la Cotardière qui vient de publier son « Jules Verne » était tout désigné pour nous parler de cet écrivain. Il a replacé cet auteur dans son contexte, soulignant que durant la seconde moitié du XIX ième siècle on était convaincu que le bonheur de l'humanité passait par la divulgation des connaissances à tous. Jules Verne se constituait des fiches sur les avancées des sciences et des techniques qu'il mettait ensuite en scène.









Alain Cirou a fait le point sur le retour sur la lune des Américains. A son sens, l'objectif est de tester sur la lune tout ce qui se passera sur Mars,de revenir fréquemment sur notre satellite naturel, sans y installer de base. Et les astronautes chinois ? Il semblerait qu'il s'agisse de se poser en puissance autonome.
















Dimanche a débuté par une braderie de matériel astronomique. Une file d'attente se pressait à l'entrée avant l'heure H. Les pros avaient fait des efforts et les amateurs ou petits artisans proposaient leur acien matériel ou des montages intéressants. On a craqué pour deux objectifs F 100-105 angénieux, un petit circuit intégré pour changer le capteur couleur de notre webcam en capteur N&B sans tout « griller ». Il y avait des filtres, on regrette de ne pas les avoir achetés.

Uranie avait un stand magnifique, là aussi on a fait nos provisions pour l'hiver.

Un atelier technique consacré à la consignation des observations et essentiellement au dessin en astronomie valait le détour. Carine Souplet nous a fait découvrir qu'on peut aussi privilégier la subjectivité de l'observation, ce qui tout compte fait ne s'éloigne pas vraiment de la vision scientifique. L'intérêt étant aussi d'éguiser sa perception.













Toujours dans les ateliers techniques, le projet Galatée, présenté par Guillaume Prévost est novateur.

Il propose via internet de commander une observation du ciel.

Ce concept existe déjà, mais il est intéressant d'assister à sa mise en place.



Il traque des supernovae permet à son initiateur, Joël Nicolas de « s'amuser » à recalculer la constante de Hubble.


Et, c'est un amateur !



Etienne Simian qui est un habitué du RAP nous a fait part avec humour des difficultés d'observer les satellites artificiels, mais il en faut plus pour le décourager.







Un petit cours improvisé sur la spectroscopie par Thierry Midavaine a également eu lieu,

rien moins !





Enfin, et nous en sommes restés là, parce qu'il fallait revenir en Auvergne, un nom à retenir: Luc Arnold, a exposé les nouvelles pistes de SETI, mais surtout a proposé d'autres alternatives, SETI optique, par laser, la recherche d'artefacts extraterrestres, ou par les transits artificiels, c'est fou mais il fallait y penser. On pourrait ainsi envisager des transits multiples avec une séquence signifiante, comme par exemple la succession des nombres premiers.





















Voici quleques images des conférences auxquelles nous n'avons pu assister : « Arpenter l'Univers » (Jean-Louis Heudier), « 10 ans de découverte en exo planétologie » (Claire Moutou), « Trous noirs super massifs et rayons cosmiques, l'univers des très hautes énergies » (Patrick Fleury), « Les origines des mondes planétaires ».(Michel Blanc)









Sans oublier les exposants qui présentaient des instruments à faire rêver


















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Eclipse à Denia